L'Institut des relations humaines d'Argyle a vu le jour en 1982 par l'initiative de certains des membres du plus ancien établissement de santé mentale de Montréal, le Mental Hygiene Institute (MHI). Cet Institut était le point de départ du travail en santé mentale en Amérique du Nord, et Montréal a eu le privilège d'en avoir un. Avant que la psychiatrie eut été formalisée et que d'autres formes de psychothérapie eurent commencé, l'MHI était la création de parents inquiets d'enfants perturbés et de médecins qui cherchaient, eux aussi, des solutions pour leurs patients.

En 1945, la psychiatrie commençait à McGill et l'on s'est entendu que McGill s'occuperait des troubles les plus graves et que l'MHI travaillerait dans le domaine de la santé mentale préventive. À partir de ce moment-là, une collaboration est née entre les deux institutions et l'MHI a même été localisé dans des édifices de McGill. Grâce aux efforts de l'MHI, ce fut le premier travail conjugal et familial a être réalisé au Canada et le premier centre canadien a être approuvé pour la formation des thérapeutes conjugaux et familiaux. Ont également été créés les premiers cours d'éducation familiale, un programme de crèche d'observation et un service de recherche. De plus, les résidents en psychiatrie de l'Université McGill y ont effectué des rotations et ont été sensibilisés aux efforts communautaires de l'MHI. Le travail de l'MHI était en grande partie financé par Centraide et était guidé par un conseil composé de Montréalais de renom qui souhaitaient aider la cause de la santé mentale communautaire.

L'MHI a si bien fait son travail qu'en 1980, le gouvernement du Québec a décidé de l'intégrer à ses services existants et aux nouveaux CLSC. À ce moment-là, les salaires de ses travailleurs ont été pris en charge par le gouvernement, et leur charte ainsi que leur statut d'organisme de bienfaisance ont été cédés.

Certains des travailleurs concernés craignaient que le gouvernement ne mette l'attention que sur le travail clinique et que les autres programmes d'enseignement et de sensibilisation soient sacrifiés. Ainsi, l'Argyle a été formé pour reconstituer les efforts du vieux MHI. Après une année de planification, l'Institut Argyle des relations humaines a été créé en 1982 avec une nouvelle charte et un statut d'organisme de bienfaisance.

Leticia Cox, éducatrice et conseillère en vie familiale, a été l'un des chefs de file de la nouvelle organisation. Elle a entrepris de poursuivre, à l'Argyle, le travail de formation des thérapeutes conjugaux et familiaux qui avait été commencé au Mental Hygiene Institute. Dès le début, l'Argyle fut un succès. Grâce à un programme de formation reconnu par l'American Association of Marriage and Family Therapy, à des programmes pour le public en santé mentale et à des conférences pour les professionnels de la santé mentale, l'Argyle a rapidement été perçue comme une ressource dynamique pour la communauté.

À partir de ce point de départ en 1982, l'Argyle a grandi en nombre au niveau de ses membres bénévoles, provenant principalement de diplômés de leurs programmes de formation. En plus du travail conjugal et familial initial, se sont ajoutés: un programme de psychothérapie psychanalytique individuelle; une clinique publique multilingue qui fonctionne à un tarif très raisonnable desservant près de 1200 personnes par an; un groupe qui étudie les questions multiculturelles; une clinique pour les troubles de l'alimentation; un programme de soutien aux travailleurs dans des situations difficiles. De plus, l'Argyle explore actuellement la possibilité d'offrir un programme de thérapie pour enfants qui lui permettrait d'aider directement les enfants et les adolescents.

l'Institut Argyle a formé plus de 600 thérapeutes de niveau post-maîtrise qui ont reconnus les avantages d'une formation complémentaire en psychothérapie au-delà de ce que leurs programmes de niveau universitaire les avaient préparés. Au cours de la dernière décennie, le lien avec McGill a été revitalisé puisque l'Institut Argyle est devenu un site de stage pour les étudiants à la maîtrise et au doctorat de l'Université McGill dans le département de psychologie du counseling et le département de travail social. De plus, il est devenu un site de stage accrédité pour les étudiants de doctorat en psychologie de l'Université de Sherbrooke, de l'Université du Québec à Montréal, de l'Université du Québec à Trois-Rivières et de l'Université Concordia.

Presque tout ce travail a été effectué avec peu de dons financiers et aucune contribution du gouvernement ou de l'université, comme c'était le cas pour l'ancien MHI.

Depuis le lieu d'origine située dans le manoir de la rue Peel et qui avait été offerte gratuitement par McGill, l'Argyle a dû trouver des espaces de location au sein de la communauté. Les temps ont changé, et cette organisation ne peuvent plus compter uniquement sur ses membres pour un soutien financier. L'Argyle a donc lancé un programme actif de collecte de fonds qui, espérons-le, lui fournira des ressources qui lui permettra de croître avec les besoins croissants de la communauté en matière de santé mentale.