In Memoriam Leticia (Letty) Cox

En mémoire d'une grande femme: Leticia (Letty) Cox, (1930-2018), fondatrice de l'Institut Argyle

C'est avec une profonde tristesse que l'Argyle a appris le décès de notre membre fondateur, Leticia Artola Cox, le 7 juin 2018.

COX, Leticia Artola 1930 - 2018 (Publié le 23 juin dans la Montreal Gazette)

In the early hours of Saturday, May 19, 2018, Letty peacefully passed, in her sleep, while in the home of her son, Tony, in the warm climes of Aruba, Netherland Antilles. Loving family surrounded. Beloved wife of the late John Robert Gordon Cox. Devoted mother and mother-in-law of Yvonne (Allen Annett), Tony (Lori Palmer), Sylvia (Robert Duquette) and John (Sylvie Munroe). Adored grandmother of Erin, Alexei, Stephanie, John Andrew, Gordie, Shane and Zara and step-grandmother of Nathan, Jody, and Ashley; and great-grandmother to Sebastien, Ilham, Jackson and Montgomery. Letty's vitality will continue to inspirit her family and friends in Canada and the Caribbean and beyond. No visitation. Graveside memorial service on Thursday, June 28 at 4 p.m. at the Hill House Cemetery on Brill Road, West Bolton, Quebec (Eastern Townships.)

Voici les témoignages de plusieurs personnes qui l'ont connue et admirée:

Cliquer ici pour l'histoire de l'Institut Argyle.

For Letty Cox small biography from the time she was at the Trafalgar School, click here.

Le 28 juin 2018
Je suis Tony, l'un des enfants de Letty.
Connaître maman, c'était connaître quelqu'un d'une vitalité extraordinaire - une personne à la fois amusante et sérieuse, à la fois engagée et avisée, à la fois stimulante et réfléchie - une personne qui était toujours courageuse. Maman comprenait les gens, aidait les gens, souvent grandement, et elle inspirait les gens.
Elle m'a compris et m'a aidé à me connaître et à m'aimer. Elle m'a inspiré à vouloir être meilleur et de toujours faire mieux, d'essayer d'être bon et d'essayer de faire le bien. Elle était, et sera toujours, mon héroïne.
Je sais que la vie de tous ici, et d'innombrables personnes ailleurs, a été fortifiée et s'est développée en la côtoyant et, en étant connue et aimée par elle.
Tony Cox, le fils de Letty

Le 28 juin 2018
J'ai rencontré Letty à la fin des années 70 alors que j'étudiais la psychologie du counseling à McGill. Elle était mon superviseure et finalement ma collègue. Elle était inspirante, gentille, chaleureuse, généreuse et pleine de vie et d'encouragement. Elle était terre-à-terre et il était facile de lui parler et de la consulter. J'ai toujours voulu l'imiter, et je l'ai considéré comme mon mentor.
En tant que collègues, j'ai été impliquée dans l'Institut Argyle avec Letty jusqu'à sa retraite. Sa perspicacité, dans la création d'un Institut de thérapie à tarifs réduits pour les clients et d'un institut d'enseignement pour les étudiants diplômés dans le domaine, a été si importante. Avec l'expérience acquise à Cuba, elle a créé un institut qui n'était rattaché à aucune organisation gouvernementale, de sorte que les thérapeutes pourraient être les personnes les plus appropriées pour diriger le service. Cet institut fonctionne encore après 40 ans. Elle a mis en œuvre l'importance d'être bénévole et cela continue. Tout le monde que je connais, qui connaissait Letty professionnellement, a été inspiré et touché par elle.
Je vois toujours son visage gentil, ouvert et ses rires. Elle était pleine de vie. Je pense à elle comme une personne ayant eu «une vie bien vécue». Je vais toujours me souvenir d'elle et l'admirer. Elle laisse un héritage spécial.

Carmela Mindel, Westmount QC
Psychologue, psychanalyste, ancienne présidente de l'Institut Argyle

Le 26 juin 2018
Letty a été l'inspiration et la force motrice de l'Institut Argyle, qui prospère encore des décennies plus tard. En tant que clinicienne douée, elle a aidé d'innombrables couples et familles en détresse. En tant qu'enseignante et leader enthousiaste, elle a inspiré des générations d'étudiants et de collègues. Son héritage est intact et on se souviendra d'elle avec beaucoup d'amour.

Andrea McElhone, Montréal QC
Thérapeute à l'Institut Argyle

 

Le 28 juin 2018
J'ai assisté au service commémoratif de Letty, jeudi dernier. Elle a été enterrée à côté de son mari dans un paisible cimetière, près d'un ruisseau, dans la petite ville où elle et son mari ont passé leurs années de retraite. Elle était entourée de ses quatre enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants provenant de partout à travers le monde; tout un hommage à une femme qui a entretenu et chéri, en tous ceux à qui elle a enseigné à l'Institut Argyle, le rôle central de la famille. L'établissement de l'Institut Argyle est un mémorial vivant de sa vie.

Joan Keefler, PhD, Westmount (Québec)
Thérapeute à l'Institut Argyle

Le 26 juin 2018
J'ai travaillé avec Letty à l'Institut Argyle pendant 20 ans. J'ai été très chanceuse d'avoir reçu l'encouragement et l'extraordinaire soutien autant de Letty que de Bob (son mari, pour des cours d'informatique). Les longues journées et le travail acharné de Letty, au profit de l'Institut et du programme MFT, sont ce qui, selon moi, a fait la grande réputation et le succès dont jouit aujourd'hui l'Institut Argyle.
À toute la famille de Letty, veuillez accepter mes plus sincères condoléances.
Repose en paix Letty.

Janet Shatilla, Kirkland QC
Ancienne secrétaire de l'Institut Argyle

Le 20 août, 2018
Lorsque j'étais infirmière à Concordia Health Services dans les années 80, j'ai assisté à l'une des présentations de cas de Letty à l'hôpital Queen Elizabeth. J'ai été très impressionnée par sa chaleur, ses rires et son intelligence, et par le fait que nous partagions un passé caribéen.
J'ai immédiatement pensé, je veux faire ce qu'elle fait, et je veux qu'elle soit mon thérapeute!
En 1990, j'ai commencé le programme de counseling à McGill et Letty était ma toute première instructrice. J'ai toujours mon carnet de notes. Mon rêve éducatif de fin de vie se réalisait enfin. Bien des années plus tard, j'ai eu la chance d’avoir une pratique privée enrichissante à l’Argyle.
Je suis à jamais redevable à Letty pour ses conseils. Quelle modèle elle était et quel héritage elle laisse. Merci Letty

Pat Hardt, Montréal, QC
Thérapeute retraitée de l'Institut Argyle

L'histoire de l'institut Argyle

L'Institut des relations humaines d'Argyle a vu le jour en 1982 par l'initiative de certains des membres du plus ancien établissement de santé mentale de Montréal, le Mental Hygiene Institute (MHI). Cet Institut était le point de départ du travail en santé mentale en Amérique du Nord, et Montréal a eu le privilège d'en avoir un. Avant que la psychiatrie eut été formalisée et que d'autres formes de psychothérapie eurent commencé, l'MHI était la création de parents inquiets d'enfants perturbés et de médecins qui cherchaient, eux aussi, des solutions pour leurs patients.

En 1945, la psychiatrie commençait à McGill et l'on s'est entendu que McGill s'occuperait des troubles les plus graves et que l'MHI travaillerait dans le domaine de la santé mentale préventive. À partir de ce moment-là, une collaboration est née entre les deux institutions et l'MHI a même été localisé dans des édifices de McGill. Grâce aux efforts de l'MHI, ce fut le premier travail conjugal et familial a être réalisé au Canada et le premier centre canadien a être approuvé pour la formation des thérapeutes conjugaux et familiaux. Ont également été créés les premiers cours d'éducation familiale, un programme de crèche d'observation et un service de recherche. De plus, les résidents en psychiatrie de l'Université McGill y ont effectué des rotations et ont été sensibilisés aux efforts communautaires de l'MHI. Le travail de l'MHI était en grande partie financé par Centraide et était guidé par un conseil composé de Montréalais de renom qui souhaitaient aider la cause de la santé mentale communautaire.

L'MHI a si bien fait son travail qu'en 1980, le gouvernement du Québec a décidé de l'intégrer à ses services existants et aux nouveaux CLSC. À ce moment-là, les salaires de ses travailleurs ont été pris en charge par le gouvernement, et leur charte ainsi que leur statut d'organisme de bienfaisance ont été cédés.

Certains des travailleurs concernés craignaient que le gouvernement ne mette l'attention que sur le travail clinique et que les autres programmes d'enseignement et de sensibilisation soient sacrifiés. Ainsi, l'Argyle a été formé pour reconstituer les efforts du vieux MHI. Après une année de planification, l'Institut Argyle des relations humaines a été créé en 1982 avec une nouvelle charte et un statut d'organisme de bienfaisance.

Leticia Cox, éducatrice et conseillère en vie familiale, a été l'un des chefs de file de la nouvelle organisation. Elle a entrepris de poursuivre, à l'Argyle, le travail de formation des thérapeutes conjugaux et familiaux qui avait été commencé au Mental Hygiene Institute. Dès le début, l'Argyle fut un succès. Grâce à un programme de formation reconnu par l'American Association of Marriage and Family Therapy, à des programmes pour le public en santé mentale et à des conférences pour les professionnels de la santé mentale, l'Argyle a rapidement été perçue comme une ressource dynamique pour la communauté.

À partir de ce point de départ en 1982, l'Argyle a grandi en nombre au niveau de ses membres bénévoles, provenant principalement de diplômés de leurs programmes de formation. En plus du travail conjugal et familial initial, se sont ajoutés: un programme de psychothérapie psychanalytique individuelle; une clinique publique multilingue qui fonctionne à un tarif très raisonnable desservant près de 1200 personnes par an; un groupe qui étudie les questions multiculturelles; une clinique pour les troubles de l'alimentation; un programme de soutien aux travailleurs dans des situations difficiles. De plus, l'Argyle explore actuellement la possibilité d'offrir un programme de thérapie pour enfants qui lui permettrait d'aider directement les enfants et les adolescents.

l'Institut Argyle a formé plus de 600 thérapeutes de niveau post-maîtrise qui ont reconnus les avantages d'une formation complémentaire en psychothérapie au-delà de ce que leurs programmes de niveau universitaire les avaient préparés. Au cours de la dernière décennie, le lien avec McGill a été revitalisé puisque l'Institut Argyle est devenu un site de stage pour les étudiants à la maîtrise et au doctorat de l'Université McGill dans le département de psychologie du counseling et le département de travail social. De plus, il est devenu un site de stage accrédité pour les étudiants de doctorat en psychologie de l'Université de Sherbrooke, de l'Université du Québec à Montréal, de l'Université du Québec à Trois-Rivières et de l'Université Concordia.

Presque tout ce travail a été effectué avec peu de dons financiers et aucune contribution du gouvernement ou de l'université, comme c'était le cas pour l'ancien MHI.

Depuis le lieu d'origine située dans le manoir de la rue Peel et qui avait été offerte gratuitement par McGill, l'Argyle a dû trouver des espaces de location au sein de la communauté. Les temps ont changé, et cette organisation ne peuvent plus compter uniquement sur ses membres pour un soutien financier. L'Argyle a donc lancé un programme actif de collecte de fonds qui, espérons-le, lui fournira des ressources qui lui permettra de croître avec les besoins croissants de la communauté en matière de santé mentale.

Letty Cox - une petite biographie alors qu'elle était à l'école Trafalgar

Letty a fréquenté l'école Trafalgar de 1945 à 1948 et a été membre du Fairley House. Au cours de sa dernière année, Letty était Préfet en chef, Directrice de Fairley House, Directrice de l'internat et Capitaine de la deuxième équipe de basketball.

Letty a été nommée Trafalgar Scholar & Explorer en 2013 et Distinguished Alumna en 2015. Son discours de remerciement est le suivant:

« Au lieu de me récompenser, je devrais leur remettre un prix pour tout ce qu'ils m'ont apporté, non seulement pour ma formation académique, mais aussi pour la façon dont ma vie s'est déroulée après mon expérience à l'école. Ce fut un tournant d'événements qui change la vie. »

 « Je n'oublierai jamais le premier jour où j'ai mis les pieds au Canada, en octobre 1945. J'ai dormi sur mon lit, dans le pensionnat de l'école, et je ne savais pas alors que le Canada allait devenir mon pays adoptif. Des souvenirs comme celui-ci restent présents dans votre esprit, et je me souviens encore très bien de l'endroit où nous nous tenions, mon père et moi, lorsque Miss Foster (maintenant le Dr Foster) vint nous saluer (au bas du grand escalier menant au pensionnat de l'école). Et puis elle était partie, et j'ai rejoint les autres pensionnaires pour commencer mon expérience à l'école. J'ai de très bons souvenirs de mes trois années à Trafalgar. »